

En résumé :
- En 2021, 9,3 millions de personnes aidaient régulièrement un proche en France, dont 523 000 mineurs (DREES).
- En mai 2024, la HAS a publié des RBPP sur le répit des aidants : repérer, évaluer, accompagner vers une solution, former les professionnels.
- Pour la HAS, le répit est une pause pour se ressourcer, jamais un abandon du proche.
Du fait du vieillissement de la population, le répit des aidants représente un enjeu majeur de santé publique. Les aidants sont en effet des acteurs indispensables du maintien au domicile des personnes en perte d’autonomie.
La crise sanitaire liée à la COVID-19 a d’ailleurs mis en évidence le rôle essentiel des aidants dans l’accompagnement des personnes fragiles et dépendantes, mais elle a aussi exacerbé leur fatigue.
Face à ce constat, la Haute Autorité de santé a publié en mai 2024 des recommandations de bonnes pratiques professionnelles (RBPP) « Le répit des aidants », à la demande de la Direction générale de la cohésion sociale (DGCS). Elles s’adressent à tous les professionnels qui repèrent et accompagnent les aidants : professionnels sociaux, médico-sociaux et de santé, Éducation nationale, ARS, conseils départementaux, MDPH…
Qu’entend-on par aidant ?
Le Code de l’action sociale et des familles nous apporte cette définition :
« Est considéré comme proche aidant d’une personne âgée : son conjoint, le partenaire avec qui elle a conclu un pacte civil de solidarité ou son concubin, un parent ou un allié, définis comme aidants familiaux, ou une personne résidant avec elle ou entretenant avec elle des liens étroits et stables, qui lui vient en aide, de manière régulière et fréquente, à titre non professionnel, pour accomplir tout ou partie des actes ou des activités de la vie quotidienne. » (art. L. 113-1-3 du CASF.)
L’aidant est une personne non professionnelle faisant partie de l’entourage proche (ou choisi par la personne aidée) apportant un soutien à une personne dépendante (âgée, handicapée ou malade).
Cette aide peut se manifester dans l’accomplissement des actes essentiels de la vie courante ou par la surveillance quotidienne et régulière de la personne en perte d’autonomie. Le terme « aidant » est souvent accompagné d’autres adjectifs afin de le caractériser. On parle fréquemment de « proche aidant », « d’aidant familial » ou « d’aidant naturel ».
Le nombre d’aidants en France
En France, en 2021, 9,3 millions de personnes déclarent apporter une aide régulière à un proche en situation de handicap ou de perte d’autonomie, qu’il vive dans le même logement ou ailleurs (DREES, Études et Résultats n° 1255, février 2023). Parmi elles, on compte 8,8 millions d’adultes et 523 000 mineurs de 5 à 17 ans, soit respectivement un adulte sur six et un mineur sur vingt.
L’aidance concerne particulièrement les 55-64 ans : près d’une personne sur quatre de cette tranche d’âge se déclare proche aidant. Les femmes sont surreprésentées (56 % des aidants adultes, contre 52 % de la population adulte).
Les différentes aides apportées par les aidants
D’après la même étude, l’aide apportée prend trois formes principales :
- Le soutien moral, pour 6,4 millions de personnes
- L’aide aux activités de la vie quotidienne, pour 5,7 millions de personnes ;
- L’aide financière, pour 1,3 million d’adultes.
Une même personne peut cumuler plusieurs formes d’aide : 3 millions apportent à la fois une aide à la vie quotidienne et un soutien moral. Les femmes apportent plus souvent une aide à la vie quotidienne ou un soutien moral, les hommes plus souvent une aide financière.
Le cas particulier des jeunes aidants
Moins connue et néanmoins réelle, la situation des jeunes aidants n’est encadrée par aucune définition légale. La HAS distingue deux populations : les jeunes aidants (moins de 18 ans) et les jeunes aidants adultes (18 à 25 ans).
L’aidance peut affecter leur santé, leur scolarité et leurs études (problèmes de concentration, absences, décrochage) ainsi que leur développement affectif. En 2021, la DREES comptait 523 000 mineurs de 5 à 17 ans proches aidants.
Que contiennent les recommandations de la HAS ?
Les recommandations ont pour objectifs de clarifier la notion de répit, de fournir aux professionnels des repères pour adopter une approche préventive, de mieux repérer les aidants et d'évaluer leurs besoins, de prévenir leurs difficultés, notamment de santé, et de proposer des solutions de répit adaptées au binôme aidant/aidé.
Elles s’articulent en 4 chapitres :
- Repérer les situations d’aidance et les aidants
- Évaluer les situations
- Accompagner dans la mise en œuvre des solutions de répit
- Renforcer les compétences des professionnels
Qu’est-ce que le répit, selon la HAS ?
Le répit est un temps qui permet de faire une pause, de se ressourcer et de prendre du recul sur sa situation. Il peut aussi aider la personne à se reconnaître en tant qu’aidant.
Le répit n’est en revanche ni une obligation, ni une solution unique, ni un désengagement de l’aidant ou un abandon du proche aidé. Une solution de répit peut être ponctuelle ou régulière, courte ou durable, et prendre des formes variées.
Quels sont les enjeux pour les aidants et les professionnels ?
Un dernier fait de l’étude de la DREES, qui renforce bien le propos de l’article sur le répit : les aidants se déclarent moins souvent en bonne santé que la population générale. Chez les femmes, 66 % des aidantes se disent en bonne ou très bonne santé, contre 72 % de l’ensemble des femmes. Chez les hommes, c’est 67 % des aidants contre 76 %.
Il s’agit pour les aidants de :
- Préserver leur santé physique et mentale
- Favoriser la conciliation temps de travail et temps d’aide (1 aidant sur 2 est salarié)
- Reconnaître le rôle des jeunes aidants
- Favoriser la relation aidant-aidé (en prévention des risques de maltraitance).
Pour les professionnels, il s’agit pour eux de :
- Savoir repérer le besoin de répit des aidants
- Favoriser l’acceptation du répit par les aidants
- Contribuer au développement de solutions de répit pertinentes et efficaces
- Aider à la mesure des bénéfices pour les aidants.
Congé du proche aidant : une obligation européenne
Les États membres de l’Union européenne avaient jusqu’au 2 août 2022 pour transposer la directive (UE) 2019/1158, qui crée un congé d’aidant obligatoire. Cette directive impose aux employeurs cinq jours ouvrables de congé par an pour les salariés aidants.
Pour rappel, en France, la durée maximale du congé de proche aidant est de trois mois, renouvelable dans la limite d’un an sur toute la carrière professionnelle. Durant ces périodes, le maintien dans l’emploi est garanti et le congé peut être fractionné, avec une durée minimale d’une journée par période.
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