Médecin coordonnateur en EHPAD : rôle, missions et cadre réglementaire


Acteur central de l’organisation des soins en EHPAD, le médecin coordonnateur occupe une fonction spécifique, à la croisée des enjeux médicaux, organisationnels et réglementaires.
Encadrée par des textes précis, cette fonction vise à structurer l’offre de soins au sein de l’établissement et à accompagner les équipes dans une logique d’amélioration continue.
Découvrez son rôle, ses missions, son cadre légal et ses conditions d’exercice.
Qu’est-ce qu’un médecin coordonnateur en EHPAD ?
Le médecin coordonnateur est un médecin chargé d’organiser et de coordonner la prise en charge médicale collective des résidents d’un EHPAD.
Il intervient à un niveau global : il ne prend pas en charge l’ensemble des soins individuels, mais veille à leur cohérence, à leur qualité et à leur conformité aux bonnes pratiques gériatriques.
Sa mission première est de garantir une organisation des soins adaptée au profil des résidents accueillis, en lien avec l’équipe soignante, les médecins traitants et les professionnels de santé intervenant dans l’établissement.
Un rôle encadré par la loi
La présence d’un médecin coordonnateur est obligatoire dans les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes depuis la loi du 2 janvier 2002 rénovant l’action sociale et médico-sociale, rendue pleinement effective par le décret n°2005-560 du 27 mai 2005.
Son rôle, ses missions et ses conditions d’exercice sont définis par plusieurs textes réglementaires, notamment :
- L’ article L.313-12 du Code de l’action sociale et des familles, qui prévoit la désignation d’un médecin coordonnateur dans chaque EHPAD
- le décret n°2007-547 du 11 avril 2007, relatif au temps d'exercice du médecin coordonnateur
- Le décret n°2011-1047 du 2 septembre 2011, relatif au temps d'exercice et aux missions du médecin coordonnateur
- L’arrêté du 5 septembre 2011, relatif à la commission de coordination gériatrique fixant les modèles de contrats types devant être signés par les professionnels de santé exerçant à titre libéral et intervenant au même titre dans les Ehpad
- Le décret n°2022-731 du 27 avril 2022, relatif à la mission de centre de ressources territorial pour personnes âgées et au temps minimum de présence du médecin coordonnateur en Ehpad
- le décret n°2025-897 du 4 septembre 2025, relatif aux missions et conditions d’exercice des médecins coordonnateurs et infirmiers coordonnateurs en EHPAD
Conformément à ces dispositions, le médecin coordonnateur ne peut pas exercer la fonction de directeur de l’établissement.
Cette incompatibilité vise à garantir l’indépendance de l’expertise médicale, tout en assurant une articulation étroite avec la gouvernance de l’EHPAD.
Une évolution récente des missions (décret 2025)
Le décret du 4 septembre 2025 est venu préciser et faire évoluer les missions du médecin coordonnateur. Il introduit notamment :
- Le renforcement du rôle dans la prévention, avec l’intégration d’un programme de prévention au projet de soins
- La possibilité de recourir à la télécoordination, en cas d’absence temporaire de médecin coordonnateur
- Des précisions sur le rapport annuel d’activité médicale, avec une remontée nationale des données
- La possibilité, sous certaines conditions, d’assurer un suivi médical direct des résidents et de réaliser des prescriptions
- Une meilleure articulation avec le rôle de l’infirmier coordonnateur, désormais reconnu réglementairement
Les missions du médecin coordonnateur
Les missions du médecin coordonnateur couvrent l’ensemble de l’organisation médicale de l’EHPAD. Elles s’exercent à la fois sur le plan stratégique, à travers la définition du projet de soins, et sur le plan opérationnel, au plus près des pratiques professionnelles et de la prise en charge des résidents.
Élaboration et pilotage du projet de soins
Le médecin coordonnateur participe à l’élaboration du projet de soins de l’établissement.
Ce document définit les modalités de prévention, d’évaluation et de prise en charge des résidents, notamment sur des thématiques telles que la dénutrition, la douleur, les escarres ou les troubles cognitifs. Conformément aux évolutions réglementaires, il intègre également un programme de prévention.
Il veille à la mise en œuvre opérationnelle de ce projet, en lien étroit avec l’équipe soignante, et s’assure de son adéquation avec les besoins des résidents accueillis.
Organisation et coordination de la prise en charge médicale
Le médecin coordonnateur organise la coordination des professionnels de santé intervenant dans l’établissement, qu’ils soient salariés ou libéraux.
Il favorise la continuité des soins et la cohérence des interventions médicales et paramédicales. Il veille également, avec les professionnels concernés, à l’adaptation des prescriptions de médicaments et de soins, dans une logique de sécurité et de pertinence thérapeutique.
Il peut également mobiliser des outils de coordination à distance (télécoordination) lorsque la situation de l’établissement le nécessite.
Contribution à la qualité et à la gestion des risques
Le médecin coordonnateur contribue activement à l’évaluation de la qualité des soins.
Il participe à l’identification et à la prévention des risques pour la santé publique, en lien avec les enjeux propres à la population âgée.
À ce titre, il s’inscrit pleinement dans la démarche d’amélioration continue de la qualité portée par l’établissement.
Rôle dans l’admission et l’évaluation des résidents
Avant l’admission d’un résident, le médecin coordonnateur donne un avis médical sur l’adéquation entre l’état de santé de la personne et les capacités de prise en charge de l’établissement.
Il étudie le dossier médical et réalise une visite de préadmission, en lien avec le futur résident et sa famille.
Il participe également à l’évaluation gérontologique des résidents, notamment à l’évaluation du niveau de dépendance (GIR), réalisée avec l’équipe soignante, généralement dans le mois suivant l’entrée puis réévaluée si nécessaire.
Animation, formation et professionnalisation des équipes
Le médecin coordonnateur élabore, avec les équipes, les protocoles de soins et les procédures applicables au sein de l’établissement : protocoles d’hygiène, prévention des infections, conduites à tenir en situation sanitaire exceptionnelle.
Il veille à leur bonne application et à leur actualisation, et contribue à la formation et à l’information des professionnels de santé exerçant dans l’établissement.
Participation aux instances et à la coordination institutionnelle
Le médecin coordonnateur préside la commission de coordination gériatrique. Cette instance a pour objectif d’organiser l’intervention des différents professionnels et d’émettre des recommandations visant à améliorer la prise en charge et la coordination des soins.
Il participe également à la rédaction du rapport annuel d’activité médicale, avec le concours de l’équipe soignante.
Un acteur intégré au réseau gérontologique
Le médecin coordonnateur contribue à l’intégration de l’établissement dans les filières de prise en charge des personnes âgées, qu’elles soient sanitaires ou médico-sociales.
Il participe à la mise en œuvre de conventions avec d’autres établissements et collabore aux réseaux gérontologiques coordonnés.
Il développe également des partenariats avec les acteurs institutionnels locaux, tels que l’ARS ou le conseil départemental.
Une fonction aux missions variables selon le contexte
Les missions et le temps d’intervention du médecin coordonnateur peuvent varier selon les caractéristiques de l’établissement.
Selon la taille de l’établissement
Le temps minimum de présence du médecin coordonnateur est fixé par la réglementation et dépend de la capacité d’accueil de l’établissement.
Dans la pratique, de nombreux postes sont exercés à temps partiel. Il est possible, dans certains établissements, que le médecin coordonnateur complète son activité de coordination par une activité de suivi médical de résidents, lorsque l’organisation le permet.
Selon le nombre d’établissements couverts
La réglementation autorise l’exercice de la fonction de coordination dans plusieurs établissements.
Dans le cadre d’organismes gestionnaires multi-établissements, le médecin coordonnateur peut également assurer des missions de conseil et de veille sanitaire auprès d’autres structures.
Positionnement hiérarchique du médecin coordonnateur
Le médecin coordonnateur est rattaché hiérarchiquement au directeur de l’établissement ou, le cas échéant, au directeur de pôle de l’organisme gestionnaire.
Ce positionnement permet d’articuler expertise médicale, organisation des soins et gouvernance institutionnelle, dans le respect du cadre réglementaire.
Conditions d’exercice et perspectives professionnelles
La majorité des postes de médecin coordonnateur sont exercés à temps partiel.
Pour atteindre un temps plein, certains médecins cumulent plusieurs fonctions de coordination ou maintiennent une activité clinique, au sein de l’EHPAD ou à l’extérieur.
En cas de difficulté à assurer le temps de présence réglementaire, l’établissement peut aussi recourir, à titre temporaire, à la télécoordination.
Dans certains territoires, notamment les zones moins denses, les établissements peuvent rencontrer des difficultés de recrutement, en raison de la pénurie de médecins disponibles.
Quelle formation pour devenir médecin coordonnateur ?
Pour exercer en tant que médecin coordonnateur en EHPAD, le médecin doit disposer :
- d’un diplôme universitaire de médecin coordonnateur ou d’une capacité de gérontologie
- ou d’un diplôme d’études spécialisées complémentaires en gériatrie.
À défaut, il peut être recruté sous réserve de s’engager à obtenir l’une de ces qualifications dans un délai de trois ans suivant son embauche.
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