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Hygiène et entretien au bloc opératoire : les bonnes pratiques

Gestion des risques
20/1/2026
7 minutes
Des professionnels de santé en tenue stérile travaillent ensemble dans un bloc opératoire, illustrant l’hygiène et la coordination des équipes.Des professionnels de santé en tenue stérile travaillent ensemble dans un bloc opératoire, illustrant l’hygiène et la coordination des équipes.

Au bloc opératoire, l’hygiène n’est pas une simple formalité : c’est une exigence vitale. Chaque geste, chaque surface, chaque équipement doit répondre à des protocoles précis pour prévenir les infections nosocomiales et garantir la sécurité de tous, patients comme professionnels.

Dans cet article, nous vous proposons un tour d’horizon des bonnes pratiques d’hygiène et d’entretien au bloc opératoire, pour comprendre, appliquer et transmettre les bons réflexes au quotidien.

Hygiène des professionnels : la première barrière de sécurité

La première mesure d’hygiène au bloc opératoire, c’est le respect des bonnes pratiques par les professionnels.
Une tenue adaptée, des mains impeccables et des gestes rigoureux : autant d’éléments qui constituent la barrière la plus efficace contre les contaminations croisées.

La tenue réglementaire

Chaque jour, le personnel du bloc revêt une tenue propre, réservée exclusivement à cet environnement. Elle comprend :

  • une tunique et un pantalon de bloc propres
  • un calot à usage unique,
  • un masque chirurgical porté correctement sur le nez et la bouche
  • des chaussures lavables (ou, à défaut, des surchaussures)
  • des gants à usage unique, non stériles, changés entre chaque local
  • un tablier à usage unique, à porter lors d’un entretien en trois temps et à jeter après utilisation
  • et, lors de la dilution des produits d’entretien, des lunettes de protection pour éviter toute projection.

Cette tenue permet de préserver la stérilité des zones opératoires et de protéger les professionnels des risques d’exposition.

L’hygiène des mains

Aucune mesure d’hygiène n’est efficace sans une désinfection rigoureuse des mains. Les règles sont simples :

  • Aucun bijou ni montre ne doit être porté.
  • Une friction hydro-alcoolique (SHA) est réalisée :
    • au début et à la fin de chaque opération de nettoyage,
    • après le retrait des gants,
    • et chaque fois que nécessaire, selon le niveau d’exposition.

Cette hygiène rigoureuse limite la transmission des micro-organismes et contribue à maintenir un environnement opératoire sûr et maîtrisé.

Le matériel d’entretien : un chariot bien préparé

Un chariot d’entretien bien équipé, organisé et propre garantit efficacité, sécurité et traçabilité des opérations. L’objectif : éviter les allers-retours inutiles et prévenir tout risque de recontamination d’une zone déjà nettoyée.

Le chariot doit être réservé exclusivement au bloc opératoire et nettoyé quotidiennement.
Il contient tout le nécessaire pour assurer un bionettoyage dans les règles :

  • Sacs poubelles jaunes et noirs pour trier les déchets selon leur nature
  • Lavettes jetables et bandeaux de sol à usage unique
  • Solution hydro-alcoolique pour la désinfection des mains
  • Boîtes de gants à usage unique (plusieurs tailles disponibles)
  • Poches d’aspiration adaptées aux procédures du bloc
  • Et bien sûr, les produits détergents et désinfectants nécessaires à chaque étape.

Bonnes pratiques

  • Vérifier chaque jour la propreté et la disponibilité du matériel.
  • Remplacer immédiatement tout élément souillé ou périmé.
  • Respecter un circuit de nettoyage logique : débuter par les zones les plus propres vers les plus souillées.
  • Ne jamais mélanger le matériel d’entretien du bloc avec celui d’autres services.

Les produits utilisés : choisir le bon agent selon le besoin

Au bloc opératoire, le choix des produits d’entretien est déterminant pour la qualité du bionettoyage.

Chaque type de produit a une fonction spécifique : nettoyer, désinfecter ou les deux à la fois. Bien les connaître, c’est garantir l’efficacité des protocoles et la sécurité des patients.

Le détergent : éliminer les souillures

Le détergent a pour rôle d’enlever les salissures et résidus visibles. Il facilite l’action des désinfectants en supprimant le film organique qui pourrait réduire leur efficacité.

Le détergent-désinfectant : deux actions en une

Le détergent-désinfectant combine deux fonctions : il nettoie et tue la majorité des micro-organismes en une seule opération. C’est le produit le plus utilisé pour le bionettoyage quotidien des surfaces au bloc.

Le désinfectant : éliminer les micro-organismes

Le désinfectant pur intervient après un nettoyage préalable, pour éliminer tous les micro-organismes restants sur les surfaces.

Bon à savoir
  • Toujours préparer les dilutions au moment de l’usage, dans un local dédié.
  • Étiqueter les solutions avec la date et l’heure de préparation.
  • Respecter le temps de contact indiqué par le fabricant pour garantir une action complète.

Bon à savoir

  • Toujours préparer les dilutions au moment de l’usage, dans un local dédié.
  • Étiqueter les solutions avec la date et l’heure de préparation.
  • Respecter le temps de contact indiqué par le fabricant pour garantir une action complète.

Le bon produit, au bon dosage, au bon moment : c’est la clé d’un bionettoyage efficace et sécurisé.

Les techniques de nettoyage et de bionettoyage

Nettoyer le bloc opératoire ne consiste pas seulement à faire disparaître la saleté visible. C’est un processus méthodique qui vise à réduire la contamination biologique des surfaces et à maintenir un environnement opératoire parfaitement maîtrisé.

Deux grands types de techniques coexistent : le dépoussiérage humide et le bionettoyage.

Le dépoussiérage humide

Première étape : le dépoussiérage vise à éliminer les particules et les souillures non visibles sans disperser la poussière dans l’air.

  • Essuyage humide des surfaces avec une lavette jetable imprégnée de détergent-désinfectant
  • Balayage humide des sols à l’aide d’une gaze ou d’un bandeau de sol à usage unique.

Ces gestes simples permettent de limiter la diffusion microbienne avant toute opération de désinfection.

Le bionettoyage : réduire la charge microbienne

Le bionettoyage est le cœur du protocole d’entretien au bloc opératoire.
Il combine un nettoyage mécanique et une action chimique pour abaisser le niveau de contamination des surfaces et des sols.

Deux méthodes sont possibles :

  1. En une seule opération : utilisation d’un produit détergent-désinfectant pour nettoyer et désinfecter en un seul passage.
  2. En trois temps successifs :
    • Application d’un détergent,
    • Rinçage à l’eau claire,
    • Application d’un désinfectant ou d’un détergent-désinfectant.

 Les bons gestes à adopter

  • Toujours nettoyer du haut vers le bas, pour éviter les coulures sur des surfaces déjà traitées
  • Procéder de l’intérieur vers l’extérieur du local
  • Utiliser chaque face de la lavette pour une surface distincte, puis la jeter après usage
  • Respecter le temps de contact du produit pour garantir son efficacité.
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Les différents types d’entretien au bloc opératoire

L’entretien du bloc opératoire ne se limite pas à une seule méthode. Les protocoles varient selon le moment de la journée et le niveau de risque lié aux interventions.

On distingue principalement l’entretien d’enchaînement (entre deux interventions) et l’entretien de fin de programme (à la clôture de la journée opératoire).

L’entretien d’enchaînement : entre deux interventions

Cet entretien vise à assurer la continuité de la stérilité entre deux actes chirurgicaux.
Il se concentre sur les zones et matériels directement exposés durant l’intervention précédente. Les surfaces concernées :

  • Les dispositifs médicaux et matériels fonctionnels
  • Les objets relais manipulés par les équipes (poignées, télécommandes, claviers…)
  • Le sol
  • Et, uniquement si nécessaire, les murs en cas de projection.

L’objectif est de remettre rapidement la salle en condition aseptique, sans compromettre la sécurité du patient suivant.

L’entretien de fin de programme : un nettoyage complet

Réalisé en fin de journée, cet entretien vise à remettre la salle à un état d’hygiène optimal avant la reprise du programme opératoire suivant. Les surfaces à traiter :

  • Les dispositifs et matériels utilisés : table d’opération, instruments, scialytique, colonnes vidéo, poste d’anesthésie, générateurs, amplificateurs de brillance, etc.
  • Les objets relais : interrupteurs, poignées, tiroirs, clavier, souris, télécommandes…
  • Le sol
  • Et les murs, à hauteur d’homme ou au-delà en cas de projections.

Ce nettoyage approfondi garantit une désinfection complète et prévient la prolifération microbienne d’un jour à l’autre.

À retenir

  • L’entretien d’enchaînement = intervention rapide et ciblée entre deux actes
  • L’entretien de fin de programme = remise à neuf complète du bloc.

Adapter le protocole selon le type d’intervention

Toutes les interventions chirurgicales ne présentent pas le même risque infectieux. C’est pourquoi les protocoles d’entretien du bloc opératoire doivent être adaptés au niveau de contamination potentiel. Le type de chirurgie (propre, contaminée ou infectée) détermine la méthode de bionettoyage à appliquer.

Chirurgie propre : protocole standard

Les interventions sans ouverture de viscère creux ou sans risque infectieux particulier (ex. canal carpien, chirurgie dermatologique, orthopédique non septique…) nécessitent un bionettoyage en une seule opération avec un détergent-désinfectant.

  • En enchaînement : entretien des surfaces uniquement, sans nettoyage du sol.
  • En fin de programme : surfaces + sol + murs à hauteur d’homme.

Chirurgie à risque modéré ou contaminée : protocole renforcé

Lorsqu’il y a ouverture d’un viscère creux, rupture d’asepsie ou risque de contamination modérée (ex. arthroscopie, appendicectomie, hernie, hystérectomie…), le bionettoyage reste en une opération, mais s’étend à l’ensemble des surfaces, du sol et des murs.

En cas de changement de chirurgie (d’une zone « sale » à une zone « propre »), un entretien complémentaire de la zone préopératoire et du sol est réalisé deux fois.

Chirurgie infectée ou salle contaminée : protocole spécifique

Lorsque le patient présente une infection avérée (plaie septique, foyer purulent, Clostridium difficile, BMR, BHRe…), le bionettoyage est réalisé en trois temps :

  1. Application d’un détergent
  2. Rinçage à l’eau claire
  3. Application d’un désinfectant adapté.

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Gregory Cousyn
Directeur Qualité et services clients
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