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Respect de la dignité et de l’intégrité en ESSMS : obligations HAS et bonnes pratiques ?

Démarche qualité
29/4/2026
8 minutes
Une femme âgée, assise à l’écart dans un fauteuil, regarde pensivement tandis que d’autres résidents échangent autour d’une table en arrière-plan.Une femme âgée, assise à l’écart dans un fauteuil, regarde pensivement tandis que d’autres résidents échangent autour d’une table en arrière-plan.

Le respect de la dignité et de l’intégrité fait l’objet d’un critère impératif dans le référentiel HAS des ESSMS.

À travers le critère 2.2.2, la Haute Autorité de Santé rappelle un principe fondamental. 

Au-delà des intentions, ce sont bien les gestes du quotidien, l’organisation, et les relations humaines qui traduisent concrètement ce respect (ou, à l’inverse, peuvent y porter atteinte, parfois de manière involontaire).

Comment définir précisément la dignité et l’intégrité en ESSMS ? Comment la HAS évalue-t-elle leur respect ? Et surtout, quelles pratiques mettre en place pour répondre aux exigences du critère 2.2.2 ?

Dans cet article, nous vous proposons des repères pour faire de la dignité un véritable pilier de votre démarche qualité.

Respect de la dignité et de l’intégrité : de quoi parle-t-on concrètement ?

Le respect de la dignité et de l’intégrité fait partie des droits fondamentaux reconnus aux personnes accompagnées. En ESSMS, il est notamment affirmé par la loi du 2 janvier 2002, qui place les droits et libertés des usagers au cœur de l’accompagnement.

Mais au-delà du principe, que recouvrent ces notions dans la vie quotidienne des établissements ?

La dignité : reconnaître la personne dans toutes ses dimensions

Le respect de la dignité repose sur ce principe : chaque personne doit être considérée comme un individu à part entière, avec ses droits, ses choix et son histoire.

En ESSMS, cela implique notamment :

Autrement dit, la dignité ne se limite pas à éviter la maltraitance : elle suppose une qualité de relation et d’attention au quotidien.

L’intégrité : protéger la personne dans son corps et dans son identité

Le respect de la dignité est indissociable du respect de l’intégrité de la personne accompagnée. Celui-ci repose sur deux dimensions complémentaires :

L’intégrité physique

Elle garantit la protection du corps et repose notamment sur :

  • Le respect du consentement libre et éclairé
  • L’absence d’actes imposés sans justification médicale
  • Des soins adaptés et respectueux

L’intégrité morale

Elle concerne la personne dans son identité et sa vie personnelle :

Ces deux dimensions sont au cœur des pratiques attendues par la HAS.

Dignité, bientraitance et prévention de la maltraitance

Dans le référentiel HAS, le respect de la dignité s’inscrit pleinement dans une démarche de bientraitance.

La bientraitance ne se limite pas à l’absence de maltraitance. Elle repose sur :

À l’inverse, toute atteinte à l’intégrité (qu’elle soit physique, morale ou organisationnelle) relève de la maltraitance, y compris dans ses formes les plus discrètes.

On parle alors de “maltraitance ordinaire” : des situations du quotidien, souvent banalisées, qui peuvent pourtant altérer profondément le vécu des personnes accompagnées.

Ce que dit la HAS : comprendre le critère impératif 2.2.2

Dans le référentiel national de la qualité des ESSMS, le respect de la dignité et de l’intégrité ne relève pas d’une simple recommandation :  il s’agit d’une exigence impérative.

Le critère 2.2.2 – “Les professionnels respectent la dignité et l’intégrité de la personne accompagnée” fait partie des critères dont la non-conformité peut avoir un impact direct sur le résultat de l’évaluation.

Autrement dit, il ne s’agit pas seulement de démontrer une intention, mais bien de prouver des pratiques effectives et partagées.

Un critère centré sur les pratiques professionnelles

Ce critère met clairement l’accent sur le rôle des professionnels au quotidien.

La HAS ne cherche pas uniquement à vérifier l’existence de procédures ou de chartes.
Elle s’intéresse avant tout à ce qui se passe réellement sur le terrain :

  • Comment les professionnels interagissent avec les personnes accompagnées
  • Comment ils prennent en compte leurs choix et leur consentement
  • Comment ils adaptent leurs pratiques aux situations individuelles

Le respect de la dignité devient ici un indicateur de la qualité de l’accompagnement.

Les 3 attendus du critère 2.2.2

Pour être conforme, l’établissement doit démontrer que les professionnels :

Connaissent les pratiques favorisant la dignité et l’intégrité

Cela suppose une sensibilisation réelle aux notions de bientraitance, de respect des droits et de prévention de la maltraitance.

Partagent ces pratiques entre eux

Le respect de la dignité ne peut pas reposer sur des initiatives individuelles. Il doit s’inscrire dans une culture collective, portée par les équipes.

Mettent en œuvre ces pratiques au quotidien

C’est le point central de l’évaluation : les pratiques doivent être visibles, concrètes et cohérentes dans toutes les situations d’accompagnement.

Une évaluation basée sur le vécu des personnes accompagnées

Un point clé du référentiel : la HAS accorde une place centrale à la perception des usagers. Ce ne sont pas uniquement les professionnels qui sont interrogés, mais aussi :

  • Les personnes accompagnées
  • Leur ressenti au quotidien

Une pratique peut sembler conforme sur le papier mais être perçue comme irrespectueuse par la personne concernée. C’est pourquoi l’évaluation repose sur :

  • Des entretiens
  • Des observations
  • Des situations concrètes vécues

Un critère qui s’inscrit dans une approche globale de la qualité

Le critère 2.2.2 ne peut pas être traité isolément. Il est étroitement lié à d’autres dimensions du référentiel, notamment :

En pratique, cela signifie que le respect de la dignité :

  • ne se joue pas uniquement dans les soins
  • mais dans tous les moments de la vie en établissement

(accueil, repas, toilette, accompagnement social, échanges informels…)

Ce que la HAS attend concrètement des établissements

Pour répondre pleinement au critère 2.2.2, un ESSMS doit être en mesure de démontrer :

  • Une appropriation des enjeux par les équipes
  • Une cohérence des pratiques entre professionnels
  • Une traduction concrète dans le quotidien des personnes accompagnées

Le respect de la dignité n’est donc pas un principe abstrait : c’est un marqueur fort de la maturité de la démarche qualité.

Quelles pratiques favorisent le respect de la dignité et de l’intégrité en ESSMS ?

Le respect de la dignité et de l’intégrité se construit dans les pratiques quotidiennes, les organisations et les postures professionnelles.

Pour répondre concrètement aux attentes du critère 2.2.2, les établissements doivent agir à plusieurs niveaux.

1. Faire de la dignité un pilier du projet d’établissement

Le respect de la dignité ne peut pas reposer uniquement sur les professionnels de terrain. Il doit être porté au plus haut niveau de l’établissement.

Cela implique :

L’objectif : passer d’un principe affiché à une orientation stratégique assumée.

2. Former et sensibiliser les professionnels

On ne respecte durablement la dignité que si l’on en comprend les enjeux. Les équipes doivent être accompagnées sur :

Ces temps de sensibilisation permettent de :

  • Créer un langage commun
  • Aligner les pratiques
  • Développer une vigilance au quotidien

3. Donner une place réelle à la parole des personnes accompagnées

La dignité passe d’abord par la reconnaissance de la personne comme acteur de son accompagnement.

Concrètement, cela suppose de :

  • Recueillir régulièrement leur ressenti (enquêtes, entretiens, échanges informels)
  • S’appuyer sur des instances comme le Conseil de la Vie Sociale (CVS) pour les Ehpads
  • Prendre en compte leurs retours dans les décisions

Un indicateur simple : une personne accompagnée se sent-elle écoutée et respectée dans ses choix ?

Guide à télécharger
Tout savoir la Bientraitance en ESSMS

4. Observer et analyser les pratiques réelles

Les écarts entre les intentions et la réalité sont fréquents. Pour les identifier, plusieurs leviers  sont essentiels :

L’objectif n’est pas de contrôler, mais de comprendre les pratiques pour les faire évoluer.

5. Encourager le questionnement éthique en équipe

Certaines situations ne relèvent pas de “bonnes” ou “mauvaises” pratiques évidentes.

Elles nécessitent une réflexion collective :

Mettre en place des espaces de discussion éthique permet de :

  • Partager les points de vue
  • Prendre du recul
  • Éviter les décisions isolées

C’est un levier clé pour prévenir les atteintes involontaires à la dignité.

6. Structurer les pratiques avec des outils concrets

Pour être durable, la bientraitance doit s’appuyer sur des supports partagés. Parmi les outils utiles :

  • Une charte de bientraitance co-construite
  • Des protocoles intégrant le respect de la dignité (toilette, repas, accompagnement…)
  • Des indicateurs de suivi (satisfaction, incidents, pratiques)

Ces outils permettent :

  • D’harmoniser les pratiques
  • De faciliter l’appropriation par les équipes
  • De rendre les exigences visibles et concrètes

7. Agir sur l’organisation et les conditions de travail

Enfin, il est essentiel de reconnaître que certaines atteintes à la dignité ne relèvent pas uniquement des professionnels, mais du contexte.

Manque de temps, sous-effectif, contraintes matérielles… Ces facteurs peuvent favoriser des pratiques dégradées, malgré la bonne volonté des équipes.

Travailler sur la dignité, c’est aussi :

  • Ajuster les ressources
  • Adapter les organisations
  • Sécuriser les conditions d’accompagnement

En résumé, le respect de la dignité et de l’intégrité en ESSMS

Le respect de la dignité et de l’intégrité en ESSMS repose sur des principes exigeants dans leur mise en œuvre :

  • La dignité est un droit fondamental, présent dans chaque moment du quotidien
  • Le critère 2.2.2 de la HAS est impératif et concerne l’ensemble des pratiques professionnelles
  • La bientraitance est le levier central pour garantir ce respect
  • L’amélioration passe par une dynamique collective, impliquant professionnels, direction et personnes accompagnées.

Plus qu’une obligation réglementaire, il s’agit d’un véritable marqueur de qualité de l’accompagnement.

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Gregory Cousyn
Directeur Qualité et services clients
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